Depuis le lundi 5 janvier, la grève des médecins libéraux en Normandie provoque une tension croissante sur les services médicaux. Face à ce mouvement, l’Agence régionale de santé mobilise des réquisitions afin de garantir la continuité des soins, tant en établissements privés qu’en médecine de ville.
L’article en bref
Un panorama des réquisitions menées par l’ARS Normandie pour préserver l’accès aux soins malgré l’arrêt d’activité de certains praticiens.
- Réquisitions ciblées : 48 praticiens mobilisés pour maintenir les urgences.
- Données chiffrées : 26 médecins réquisitionnés le 13 janvier, 28 le 14 janvier.
- Soins en ville et cliniques : interventions proportionnées en cabinet et en établissement.
- Pression sur les urgences : afflux lié aux épidémies hivernales et intempéries.
Enjeux et contexte de la grève des médecins libéraux en Normandie
Les praticiens libéraux dénoncent la réforme de la tarification des actes et réclament plus de souplesse dans leurs prescriptions. Ce mouvement, prévu jusqu’au 15 janvier, touche aussi bien les généralistes que les spécialistes.
La mobilisation est d’autant plus délicate que les établissements privés, comme la clinique de l’Europe à Rouen ou l’hôpital privé Saint-Martin à Caen, ont dû annuler la majeure partie de leur activité programmée. Cette situation renforce la solidarité hospitalière en Europe et appelle à une coordination plus étroite.

Modalités des réquisitions décidées par l’Agence régionale de santé
L’ARS Normandie a engagé une démarche proportionnée pour ne pas fragiliser l’offre globale tout en assurant l’accès aux soins urgents. Chaque réquisition est planifiée en fonction des besoins locaux et des moyens disponibles.
- Réquisitions en établissements privés : 48 praticiens mobilisés depuis le début du mouvement.
- Interventions en médecine de ville : 10 médecins réquisitionnés pour la permanence.
- Répartition géographique : 10 en Seine-Maritime, 16 dans le Calvados, 7 dans l’Eure.
- Activités couvertes : urgences non programmées de jour comme de nuit.
Ce plan de mobilisation dans les hôpitaux vise à éviter toute rupture de prise en charge, en particulier sur le bassin rouennais où le CHU est déjà en forte tension.
Réquisitions en établissements de santé
Le mardi 13 janvier, 26 médecins ont été réquisitionnés (10 en Seine-Maritime, 16 dans le Calvados). Le lendemain, 28 praticiens sont intervenus (12 en Seine-Maritime, 16 dans le Calvados). Depuis le 5 janvier, l’ARS recense 48 réquisitions en cliniques privées.
Chaque médecin réquisitionné se voit assigner des nouvelles plages horaires. Les opérations et consultations initialement programmées sont décalées, avec une information systématique des patients.
Cette vidéo présente les enjeux de la mobilisation et la réponse de l’ARS face à la grève.
Continuité des soins en médecine de ville
Pour limiter l’impact du mouvement sur les consultations courantes, l’ARS a également réquisitionné deux médecins de ville par jour, l’un dans l’Eure, l’autre en Seine-Maritime. Ils assurent les visites à domicile et les consultations d’urgence.
Des plateformes de téléconsultation sont activées pour orienter rapidement les patients vers la solution la plus adaptée. Ce dispositif s’inscrit dans une stratégie de plan de mobilisation des services médicaux renforcée.
Le recours aux outils numériques aide à fluidifier le parcours patient, notamment en période de tension.
Impact sur les services d’urgence et la santé publique
À Rouen, le CHU subit un afflux de patients en raison des épidémies hivernales (grippe, gastro-entérite) et des conséquences des intempéries.
Les réquisitions permettent d’éviter la saturation totale, mais l’attention reste portée sur la qualité de l’accueil, la prévention des infections et la prise en charge rapide des cas graves.
- Afflux saisonnier : augmentation de 20 % des passages aux urgences depuis début janvier.
- Conditions météorologiques : incident de la tempête du 8 janvier ayant provoqué des chutes d’arbres.
- Renfort chirurgical : maintien des interventions urgentes dans les cliniques privées.
Ces mesures s’inscrivent dans une démarche de coordination entre structures médicales afin de préserver la sécurité des patients.
Conseils pratiques pour les patients
Face à cette situation, il est conseillé aux usagers de :
- Vérifier en amont la disponibilité des créneaux de consultation.
- Privilégier la téléconsultation pour les symptômes légers.
- Se rendre aux urgences uniquement en cas d’urgence vitale ou forte détresse.
- Contacter les pharmacies de garde pour accéder rapidement à certains soins.
Ces gestes simples contribuent à alléger la pression sur les services hospitaliers et à garantir que chacun reçoive les soins adaptés.
Un bon diagnostic commence toujours par une bonne écoute.
Qu’est-ce qu’une réquisition médicale ?
La réquisition permet à l’ARS d’obliger certains professionnels à intervenir pour assurer la continuité des soins en cas de risque de rupture d’accès aux soins.
Comment sont choisis les médecins réquisitionnés ?
Les praticiens sont sélectionnés en fonction de leur spécialité, de leur zone d’exercice et de la capacité des établissements à absorber ces renforts.
Quels droits conservent les patients pendant la grève ?
Les patients conservent leurs droits à la confidentialité, à l’information et au libre choix du praticien pour leurs futures consultations.
Existe-t-il des alternatives à la consultation en présentiel ?
Oui, les plateformes de téléconsultation et les maisons de santé pluridisciplinaires restent accessibles même en période de grève.
Comment se tenir informé de l’évolution du mouvement ?
Les sites officiels de l’ARS Normandie et les établissements de santé publient régulièrement les mises à jour sur les services ouverts et les horaires d’urgence.






