Face à la récente décision du Conseil d’État d’imposer la publication anticipée des noms des membres des groupes de travail, la Haute Autorité de Santé alerte sur les risques pesant sur la confidentialité et l’indépendance des experts. Entre menaces externes et pression médiatique, l’institution appelle le législateur à définir un cadre protecteur et équilibré. Un enjeu crucial pour garantir la fiabilité des recommandations de santé publique et préserver la confiance des professionnels et des patients.
🕒 L’article en bref
La décision du Conseil d’État d’imposer la divulgation anticipée des experts de la HAS soulève un dilemme entre transparence et sécurité. L’institution alerte sur les menaces pesant sur l’indépendance scientifique et appelle à un cadre législatif protecteur.
- ✅ Conflit transparence vs protection : publication anticipée fragilise la liberté des experts
- ✅ Menaces sur la qualité scientifique : risque d’autocensure et perte d’échanges ouverts
- ✅ Répercussions institutionnelles : collaborations nationales et internationales mises en danger
- ✅ Pistes de solutions légales : anonymisation, confidentialité, sanctions contre pressions
📌 Préserver la confiance publique exige un équilibre entre transparence démocratique et sécurité des experts en santé.
Enjeux de la protection des experts dans les groupes de travail de la HAS
La méthodologie de la HAS vise depuis 2024 à ne révéler l’identité des contributeurs qu’au moment de la publication finale. Cette précaution permet de :
- prévenir toute pression politique ou médiatique ;
- assurer l’indépendance vis-à-vis des lobbys pharmaceutiques tels que Laboratoires Servier, Pfizer France, Sanofi ou Merck France ;
- favoriser un échange libre entre spécialistes de l’Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale et de Santé Publique France ;
- garantir la sérénité nécessaire à l’élaboration de recommandations solides.
L’Assurance Maladie et le Ministère des Solidarités et de la Santé s’appuient sur ces travaux pour orienter les politiques publiques. Or, le dévoilement anticipé risque de :
- dissuader les professionnels volontaires ;
- instaurer un climat d’autocensure ;
- réduire la qualité des échanges scientifiques.
Un bon diagnostic commence toujours par une bonne écoute.

Origines de la décision du Conseil d’État
Le 29 juillet 2025, le Conseil d’État a tranché en faveur de l’association Juristes pour l’enfance, réclamant la communication des noms des membres d’un groupe sur la prise en charge des personnes transgenres âgées de 18 ans et plus. Le tribunal administratif de Montreuil avait déjà donné raison à l’association en février 2024, estimant que ces données n’étaient ni “préparatoires” ni couvertes par le secret de la vie privée.
- Argument juridique : application stricte du droit d’accès aux documents administratifs ;
- Impact attendu par l’association : plus grande transparence sur les recommandations ;
- Position de la HAS : crainte de pressions et de représailles contre les experts.
Répercussions du dévoilement anticipé sur la qualité des recommandations
La publication précoce des listes d’experts fragilise le processus scientifique. Plusieurs thèmes illustrent cet impact :
- Collaborations avec les ARH (Agences Régionales de Santé) soumises à l’influence locale ;
- Partenariats de recherche avec l’INSERM freinés par la crainte d’exposition médiatique ;
- Projets internationaux (OMS, Global Sanitation Fund) menacés de perdre en neutralité (Global Sanitation Fund) ;
- Recours aux bonnes pratiques nutritives et préventives compromis, par exemple les bienfaits des calories du kiwi ou les recettes saines pour diabétiques qui reposent sur des validations expertes.
Rôle des acteurs institutionnels et privés
La gouvernance en santé associe de nombreux partenaires :
- Santé Publique France : surveillance épidémiologique et dépistage (Journée nationale vaccination polio) ;
- Ministère des Solidarités et de la Santé : cadrage réglementaire ;
- Assurance Maladie : financement et suivi des recommandations ;
- Groupes pharmaceutiques (Pfizer France, Sanofi) : essais cliniques et approvisionnements ;
- ONG et organismes de recherche, comme l’OMS, mobilisant des experts sur le terrain.
Vers un cadre législatif garant de la sécurité des intervenants
Pour répondre à ces défis, la HAS propose plusieurs mesures concrètes :
- inscription d’une clause de confidentialité dans la loi de santé ;
- anonymisation des listes jusqu’à la publication finale ;
- création d’un mécanisme de protection juridique comparable aux dispositifs de whistleblowing ;
- renforcement des sanctions contre les menaces et harcèlements ;
- mise en place d’un point de contact sécurisé, financé par l’Assurance Maladie et le Ministère des Solidarités et de la Santé.
Le cas de l’experte anonymisée « Dr. Mercier », contrainte de quitter un groupe de travail par crainte de représailles, illustre l’urgence d’un cadre légal robuste. Chaque expert doit pouvoir contribuer sans crainte de voir sa vie privée ou professionnelle mise en danger.
Démocratie scientifique et confiance partagée
Un équilibre est nécessaire entre
- transparence vis-à-vis du public et des médias ;
- sécurité et liberté d’expression des experts ;
- collaboration avec les ARH et les institutions comme Santé Publique France ;
- respect des principes éthiques et d’impartialité.
La prévention est souvent le meilleur des traitements.
FAQ
- Q: Pourquoi la HAS souhaite-t-elle préserver l’anonymat des experts jusqu’à publication ?
R: Pour éviter toute pression politique ou médiatique, garantir l’indépendance scientifique et favoriser un débat ouvert entre spécialistes. - Q: Quels risques en cas de dévoilement anticipé des noms ?
R: Dissuasion des contributeurs, autocensure, menaces de représailles et perte de qualité des recommandations. - Q: Quels acteurs sont concernés par cette protection ?
R: Professionnels de l’INSERM, chercheurs en lien avec Santé Publique France, experts des ARH, représentants de l’Assurance Maladie, spécialistes pharmaceutiques et ONG. - Q: Quelles mesures légales sont proposées ?
R: Anonymisation, clause de confidentialité dans la loi, protection juridique spécifique, sanctions renforcées.







